(Dé)connexion, action !

(Dé)connexion, action !

Édition 2026

2026-02-03 04:31:30

Prince Noryve Musore

On l'attendait avec passion. On l'a chuchoté dans les ombres, proclamé à voix haute, porté comme une promesse. Ce lundi 2 février 2026, le rideau s'est levé sur la plus grande scène théâtrale burundaise : le Festival Buja Sans Tabou. Voici le récit d'une soirée où la ville s'est laissée traverser.

Par le prince Noryve Musore

Il est 17h34.

Et Un ciel nuageux, grissouillant, presque inquiet.
Un ciel qui se souvient encore de la pluie.

Bujumbura se prépare. Kabondo retient son souffle, prêt à se siffler, une fois encore, sur la scène internationale. Cette année, le festival se place sous le signe de (Dé)connexion , qui, comme un mot simple, est tendu comme un fil entre nos vies saturées et nos besoins profonds.

 

Le public entre, la ville écoute

Il est 17h46.

La billetterie est vide déjà.
Les gradins, fraîchement réveillés, accueillent avec grâce des passionnés venus admirateur, voyager, et se faire doucement bousculer l'esprit par l'âme de Buja Sans Tabou.

Il est 18h28. 

Un frisson parcourt la faute.
Des battements se propagent, les cœurs hésitent, se retournent. Ah les sourires se dessinent, ce sont les tambours royaux qui entrent, portées par la Troupe Amagaba.

La parole prend le relais

Après le tambour, place à la parole.

M. Clovis Ahishakiye, représentant de la Troupe Lampyre, organisatrice du festival, ouvre la réflexion. Il revient à l'essentiel : la nécessité de se déconnecter pour mieux se connecter. Se reconnecter à soi, à l'autre, à l'environnement. Créer un espace où l'on s'arrête pour ressentir avant de juger.

S'ensuivent les interventions institutionnelles. Le premier conseiller de l'Ambassade de France au Burundi, M. Jeremy Grand, appelle le rôle fondamental de tels événements dans la circulation des œuvres et souligne l'appui de l'Ambassade dans les canaux de production du festival.
Puis, le Chef de mission adjoint et chef du Pôle coopération, M. Arnaud Lion, à l'Ambassade du royaume de la Belgique évoque l'engagement de son institution, notamment à travers des programmes comme Africalia, pour soutenir la création africaine.

Le Gouvernement burundais, représenté par M. Phocas Mpezindagano, l'Assistant du Ministre ayant la Jeunesse, le Sport et la Culture dans ses attributions, réaffirme son engagement et rappelle l'importance de l'accompagnement institutionnel dans la pérennité du festival.

Quand la scène parle d'elle-même

Il est 19h06.
La scène accueille en son ventre la pièce « …D'un acteur », interprétée par Freddy Sabimbona, écrite par Dieudonné Niangouna, mise en scène par Josué Mugisha.

La question tombe, nue : Quelle est la place de l'acteur dans la société ?

L'acteur, est dit, qu'il accouche d'une parole qui dépasse le spectateur.

Il poursuit la vie sur scène, interroge le rôle du théâtre dans nos mœurs, dans nos silences collectifs, dans l'oubli progressif dont il souffre souvent au niveau politique.

Clôture en battements

La soirée s'achève comme elle avait commencé. Par le tambour.

Buja Sans Tabou est lancé.
La scène à parlée.
Le reste de la semaine promet de continuer la conversation.

 

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